Rencontre avec CHRISTOPHE LAMOTTE, PDG de HDC Lamotte à Bren

« Notre objectif est de fidéliser nos producteurs et de leur garantir un revenu »

Alors que ses parents Denise et Henri Lamotte cultivaient une trentaine d’hectares de fruits et légumes, Christophe a repris l’exploitation familiale située à Bren en 1989 et fondé HDC Lamotte en 199. La société s’est désormais spécialisée dans la production, le conditionnement et l’expédition de 6 fruits et légumes : l’abricot et la pomme de terre, les courges, le navet violet, le poireau et la poire. Une stratégie payante puisque la PME emploie aujourd’hui une cinquantaine de salariés permanents – un effectif doublé en saison – pour traiter plus de 10 000 tonnes de produits par an. Rencontre avec Christophe Lamotte, un exploitant agricole et chef d’entreprise soucieux de répondre aux enjeux sociaux et environnementaux du moment.

Quelle est l’activité d’HDC Lamotte ?

Nous sommes avant tout producteur avec une exploitation de 120 Ha dont les produits phares sont l’abricot et la pomme de terre Délicatesse. Cela nous permet d’assurer 15 à 20% des produits conditionnés et expédiés par HDC Lamotte. En parallèle, nous travaillons depuis de nombreuses années avec une soixantaine de producteurs locaux – voire régionaux pour l’abricot – pour assurer les volumes suffisants et avoir une offre représentative auprès des centrales d’achats qui sont aujourd’hui nos principaux clients. En ce sens, notre fonctionnement ressemble à celui d’un groupement. Notre objectif consiste à sécuriser l’approvisionnement, fidéliser nos producteurs et leur garantir un revenu décent.

Comment garantissez-vous la qualité de vos produits ?

Nous avons fait le choix d’avoir recours à des spécialistes, autrement dit des techniciens indépendants qui interviennent sur le terrain et apportent un oeil extérieur sur les méthodes de production. Hormis pour la poire que nous cultivons depuis 3 ans, nos autres fruits et légumes ne sont pas certifiés bio mais ils font l’objet de process raisonnés. Compte tenu de la forte règlementation nationale, je peux vous assurer que l’on peut manger les produits issus de l’agriculture française en toute confiance. En outre, j’essaie d’avoir un seuil minimum de 50% d’effectif permanent afin de limiter le turnover et les problèmes de qualité liés à la montée en compétence des opérateurs. La mécanisation des opérations permet aussi de structurer le travail, par exemple pour le tri catégoriel des abricots par caméra infrarouge.

Cela suppose des investissements conséquents dans l’outil de travail…

Notre station de 10 000 m2 a bénéficié d’un plan d’investissements de 2,5 M€ entre 2018 et 2021. Outre l’extension du bâtiment, cela nous a permis de mettre en place une ligne pour le calibrage des poires et une autre pour le conditionnement des pommes de terre dans des barquettes en carton afin de réduire l’usage du plastique. Ces deux investissements ont fait l’objet d’un accompagnement financier de la part du Département de la Drôme et de la Région Auvergne Rhône-Alpes, deux acteurs majeurs de la filière fruits et légumes. Plus récemment, nous avons également investi dans une ligne d’emballage des pommes de terre dans des sachets papier et des sachets micro-ondes.

Vous avez également été soutenu par le Département de la Drôme pour la mise en place d’une retenue collinaire…

Les réserves naturelles s’amenuisent et nous n’avons plus le choix, il faut instaurer la transition écologique de nos exploitations. En tant que gros consommateur d’eau pour le lavage des légumes, face à des restrictions d’eau de plus en plus sévères et dans la mesure où nous collectons les eaux de pluie sur plus de 2 hectares de bâtiment et parking, la mise en place d’une retenue collinaire située en contrebas de la station de conditionnement s’est logiquement imposée. Depuis janvier 2024, après 2 ans de travaux, la retenue est alimentée par le ruissellement des toitures et l’eau de lavage des légumes, ce qui nous permet de supprimer le prélèvement dans la nappe phréatique pendant la période d’étiage tout en irriguant 45 hectares. Ce projet, d’un montant global de 740 K€, n’aurait clairement pas été possible sans le soutien financier des pouvoirs publics – Département, Région et Agence de l’Eau – à hauteur de 80%. La retenue est dimensionnée pour collecter 27 000 m3 d’eau sur les 60 000 m3 consommés par les deux exploitations SCEA Soleil des Collines et l’EARL La Roche. Nous apprenons encore à utiliser l’eau qui est stockée au regard des problématiques de filtration mais globalement, le système fonctionne !

En savoir plus : https://www.hdc-lamotte.fr/

HDC Lamotte en chiffres :

  • Plus de 10 000 Tonnes de produits à l’année : 4 000 T de pommes de terre, 3 500 T de courges, 3 000 T d’abricots et entre 300 et 400 T de poire.
  • 15 à 20% des volumes totaux produits par l’exploitation de Bren
  • 60 producteurs locaux et régionaux partenaires
  • 50 salariés permanents et environ 100 l’été
  • une station de conditionnement et d’expédition de 10 000 m2
  • une retenue collinaire de 27 000 m3
  • 15,8 M€ de CA en 2022 et 16,2 M€ en 2025