Nouvelles du conte 2026
« L’humain n’a pas de racines, il a des pieds »
Dans l’univers de la narration, qu’elle soit orale ou écrite, la métaphore du voyage demeure l’une des plus puissantes.
Depuis des millions d’années, nous marchons. La terre porte les traces profondes de nos migrations ancestrales, qu’elles aient été inspirées ou imposées.
Nous avons appris à nous battre contre les frontières naturelles, à nous affranchir des distances, de l’attachement exclusif à un lieu, à un groupe, à des références sociales
historiques. Nous avons appris à parler la langue de l’autre. Nous nous sommes construits par étapes imprévisibles, et aucune de ces étapes n’est plus fondatrice qu’une autre.
Une histoire courte mais édifiante illustre d’ailleurs bien le propos de cette 38? édition.
C’est celle d’un fils de travailleur immigré, arrivé récemment au pays. Il demande à son père
: » Que dois-je répondre père, quand on me demande d’où l’on vient ? « . Et le père lui répond : » Dis-leur que nous venons de nulle part, ou de n’importe où, ou
quelque part, ou de partout. Dis-leur que nous sommes des êtres fictifs, des imposteurs, des réplicats, des métamorphes. C’est-à-dire : nous sommes comme eux. » (1)
Nous avons aussi dû apprendre à nous battre contre les frontières humaines, pour pouvoir traverser librement les continents et trouver, quelque part, un lieu où nous poser ? pour temps fini ou infini. » Ce combat conditionne la réussite du voyage, et la mise en échec possible des gardiens des frontières, qui ne cessent de nous dire : On ne passe pas ! » » On ne piétine pas nos racines ! « .
Alors, pendant ce festival, au gré des récits de voyage, de migration, d’émigration, course, de marche, de dérive, de fuite, d’exode, de transhumance et d’incursion, ? récits
que certains portent dans leur coeur et d’autres jusque dans leur sang ? il nous semble important de rappeler deux choses : d’abord, que nous ne sommes décidément pas des plantes ; ensuite, que » c’est le déplacement qui nous crée, car nous sommes bel et bien fruit des frontières que nous traversons « .
Johannes Melsen
Dirart et co-initiateur du festival depuis 1989
Librement inspiré des travaux de :
(1) Salman Rushdie, » La maison Golden « , Éditions Actes Sud, 2018,
Lettres anglo-américaines, Traduit de l’anglais par Gérard Meudal
(2) Salman Rushdie, » Franchissez la ligne « , Essai, Éditions 10/18, 2005
Les lieux, horaires, tarifs, âges et durées de chaque spectacle sont mentionnés dans la brochure. Site du festival au champ Roch :
places assises sur coussins et tapis (sièges pliants individuels acceptés).
En cas d’intempéries, pluie ou vent : les spectacles du soir se déroulent à la salle des fêtes et les spectacles de 11h au grand temple ; les animations des marchés et les contes nomades sont annulés.
REPAS CHAMPÊTRES
À la salle des fêtes les vendredis et samedis uniquement. Repas (entrée-plat-dessert : 14EUR) réalisés à partir de produits bio et locaux par le chef cuisinier Serge Allain, de Cobonne, servis uniquement de 19h à 20h ! Réservation obligatoire la veille avant 18h par l’achat d’un billet buffet sur le site internet ou à la billetterie du festival (pas de réservations téléphoniques ou mail). Sur les terrasses, des tables pour les pique-niques sont aussi prévues.